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Cas n° 3 ter. La preuve par deux

Dans le cas précédent j'ai affirmé que je pouvais administrer, avec deux chiffres, la preuve irréfutable qu'il faut chercher ailleurs que chez les colons, les causes de l'appauvrissement des masses paysannes algériennes.

Les mathématiques sont une science exacte et donnent des résultats irréfutables. Mais, de même que je vis un jour quelqu'un refuser de croire que le nord se trouvait dans la direction indiquée par la boussole, il ne manquera pas d'idéologues pour contester ce que ces deux chiffres démontrent. Lyautey a dit des colons d'Algérie: «Ils sont indécrottables». Monsieur le maréchal, il ya plus encore plus indécrottables que les colons d'Algérie: ceux qui en parlent doctement.

Trente

C'est le premier chiffre.

Ageron, dans "Histoire de l'Algérie contemporaine", tome 2, écrit qu'il faut posséder au moins 30 hectares pour pouvoir vivre dignement de la terre en Algérie. Ce chiffre est tout à fait acceptable. Pour le plaisir de chipoter on pourrait dire qu'avec 30 hectares, on vivra très dignement en Kabylie, mais que ce sera insuffisant dans les hauts plateaux du sud oranais, où 40 seraient préférables.

Rappelons que les paysans algériens ne possédaient en moyenne que 10 hectares du temps des Français, et 5 trente ans après l'indépendance, si on en croit la publication d'un universitaire algérien.

Donc, les paysans algériens vivaient dans une grande misère, et l'indépendance n'a fait que l'aggraver.

Trois et demi

C'est le second chiffre.

Pendant la colonisation, c'est dans les années 1920 que les colons ont possédé le plus de terres: 2.800.000 hectares. Soit un peu plus de 10% du Tell qui était la surface cultivable en Algérie.

Cela serait la cause de l'appauvrisement des paysans d'Algérie. Rendons donc ces terres «spoliées» à ces quelques 800.000 paysans.

Cela fait 3,5 hectares pour chacun. Ils passent donc de 10 hectares à 13,5 hectares quand Ageron, le chef de file des historiens anticolonialistes, affirme qu'il en faut 30 pour vivre décemment de la terre en Algérie.

Ils auraient été juste un peu moins pauvres. Rappelons, une dernière fois, que ces terres leur ont été rendues à l'indépendance. Pour quel résultat? Un journaliste algérien avait posé la question: "Quel est le crime le plus grand, d'avoir colonisé ce pays ou, pour ses dirigeants, de l'avoir affamé après l'indépendance?"

Voilà la vraie histoire de la colonisation française en Algérie.