
Le film « Amistad » est l’histoire vraie (qui se passe en 1839) de noirs africains sur un bateau négrier, l’Amistad, qui les transporte vers les Amériques. Ils arrivent à se libérer de leurs chaines, tuent tout l’équipage, sauf deux marins qu’ils somment de les ramener en Afrique. Les deux matelots trompent leur confiance et continuent à diriger le bateau vers les Amériques. L'Amistad est arraisonné par un navire de guerre américain, et ils sont emprisonnés à New York où ils doivent être jugés pour assassinat. De plus, l’Espagne, les deux officiers américains qui se sont saisis de l’Amistad, l’armateur du bateau, réclament la propriété de ces esclaves au motif que, selon le droit international, les esclaves sont des marchandises, et chacun prétend en être le légitime propriétaire.
De procès en procès, l’affaire se termine devant la Cour suprême des Etats-Unis. Les abolitionnistes craignent le pire pour les accusés car sept juges sur neuf de cette cour sont sudistes. Ils auront pour les défendre devant cette cour un avocat, ancien président des Etats-Unis.
La cour suprême rend son verdict à huit voix contre une : selon le droit international les esclaves sont des marchandises. Les deux officiers et l’armateur sont déboutés de leur demandes. Il faut donc consulter le traité signé entre les Etats-Unis et l’Espagne pour savoir qui est propriétaire de cette marchandise. Cependant, les plaignants n’ont pas apporté la preuve formelle que ces personnes étaient des esclaves. Attaquées dans leurs droits et privées de liberté, elles étaient en état de légitime défense en s’attaquant à l’équipage du bateau. En conséquence, les prévenus sont relaxés et autorisés à retourner dans leur pays d’origine.

Version française de l’épopée de l’Amistad, trouvée dans les annales judiciaires de la ville d’Alger. Disons-le tout de suite, ce n’est pas une page de gloire de la France.
Le 27 avril 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher, par décret, l’esclavage est aboli en France. Des esclaves d’Alger se sauvent de chez leurs maîtres (Algériens, pour ceux qui penseraient que les colons avaient des esclaves) et viennent se placer sous la protection de la loi française. S’ensuit un procès qui statue : selon le droit international, les esclaves sont des marchandises. Le traité de capitulation signé le 5 juillet 1830 entre le Dey Hussein et le maréchal de Bourmont, stipule que la garantie est donnée aux Algériens que leurs propriétés, leurs biens, seront respectés. En conséquence de quoi, les « marchandises » doivent être rendues à leurs légitimes propriétaires.
